On peut vraiment dire que Westworld s’est faite désirer. Résultat d’une production longue et chaotique de plus de 3 ans, le nouveau chouchou de HBO est enfin arrivé sur nos écrans de télévision ce dimanche. Pari réussi pour Jonathan Nolan et JJ. Abrams ? Oh que oui.

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La tâche n’était pourtant pas facile. Game of Thrones étant dorénavant en fin de vie, il fallait qu’HBO trouve son successeur assez rapidement pour rallonger sa suprématie de quelques années sur la télévision américaine. Westworld arrive donc à un moment propice pour la chaîne, et c’est peu dire qu’elle avait une pression énorme sur ses épaules. Le mot qui vient à l’esprit en regardant ces 60 premières minutes est : riche. Nolan et Abrams, en se basant sur le film éponyme de 1973, ont crée un monde aux multiples possibilités et interprétations. La série nous présente un parc d’attractions grandeur nature à l’inspiration western et peuplé par les « hosts », des androïdes programmés pour le seul plaisir des « guests » ou « newcomers », des clients réels profitant des joies du parc. Le tout est supervisé par des concepteurs à l’origine de Westworld, dirigé par le grand Anthony Hopkins et épaulé par des habitués du genre comme Jeffrey Wright ou Luke Hemsworth (oui ils sont 3 frères).

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Tout de suite, les scénaristes posent les bases d’un univers porté par des questionnements philosophiques profonds liés à l’intelligence artificielle et à la conscience. Les androïdes, n‘étant pas conscients de leur condition vont rapidement trouver des indices leur mettant la puce à l’oreille. Ce sera intéressant de voir comment la situation évoluera, même si on peut déjà prévoir que tout ne sera pas rose pour les concepteurs du parc.

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D’un point de vue technique, Westworld est une petite pépite. Si vous vouliez du spectaculaire, vous êtes servis. La cinématographie est impressionnante, forcément aidée par les paysages magnifiques que propose l’Utah. Le monde du Far-West est plus vrai que nature, et on se perd parfois dans ce criant réalisme tellement l’immersion est poussée au maximum. Nous sommes les « guests », complices des concepteurs se délectant des vices de Westworld. Sur ce point, le travail d’écriture de Jonathan Nolan se rapproche de la perfection : les dialogues, les personnages, l’histoire qui commence peu à peu à se délier, tout est mis en œuvre pour nous faire découvrir un monde cruel, sexy mais tout de même fascinant et généreux. On regrettera néanmoins certains personnages qui peinent à sortir des stéréotypes (je pense notamment au personnage de Sidse Babett Knudsen, qui incarne le stéréotype de la femme manager froide qui ne pense qu’à son travail).

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Comme toute œuvre s’intéressant à l’Intelligence Artificielle, tout passe par la performance des acteurs pour nous faire douter de l’humanité de ces êtres. Dolores, le lead féminin, est campée par Evan Rachel Wood d’une façon tellement subtile, douce et maîtrisée qu’elle efface la frontière entre l’humain et l’artifice. La série jouera évidemment beaucoup sur cet aspect, on s’attache à des personnages que nous savons fabriqués de métal  et non de chair (mais après tout, n’est-ce pas la même chose pour tous les personnages de séries ? Ces êtres de papiers qui nous font pleurer, rire et aimer.). Il sera intéressant de voir l’évolution de la relation entre ces robots et les humains.

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Série HBO oblige, le sexe et la violence sont omniprésents dans ce pilote. Poitrines nues, scalps, crânes explosées, courtisanes … nous ne sommes pas dépaysés. D’ailleurs, la chaîne n’a visiblement pas écoûté ses détracteurs en continuant à représenter une violence (physique ET sexuelle) perverse envers ses personnages féminins. Ça peut choquer.

 

Dès le générique, Westworld pose le ton : elle est là pour changer la télévision, comme Game of Thrones en son temps. Pour l’instant le pari est hautement réussi. Ce pilote montre ce que Nolan et Abrams ont dans le ventre, et expose un potentiel infini quant au possibilité de cette série : ils ont de l’or entre les mains, et ont toutes les cartes pour faire de Westworld la nouvelle série culte de cette décennie.

 

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